Bio
Maryse Chartrand
J'en ai mis du temps pour trouver le verre. Un grand détour qui a passé par une carrière de 25 ans en tant que directrice de création en publicité et réalisatrice de documentaires. C'est en 2004, lors d'un cours d'initiation en verre soufflé que j'ai commencé à chérir l'idée de devenir artiste du verre. J'aimais quitter ma tête pour apprivoiser mes mains, troquer les idées et les mots pour la matière et le souffle.
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En 2010, j’ai fait le saut. Je suis retournée sur les bancs d’école ou plutôt d’atelier pour une formation de 3 ans à temps plein. Printemps 2013, je graduais en arts verriers au Centre des métiers du verre du Québec (Espace verre).
Depuis, je me consacre à temps plein à mon art.
Créer avec le verre est un privilège. C’est être aux premières loges pour observer la grande poésie de ce matériau aux nombreuses contradictions. À la fois dense et si facilement vaporeux. Solide et fluide. Matière et lumière.
Depuis les débuts, j’ai la curieuse impression d’avoir avec le verre un dialogue sur l’émerveillement. Chaque nouvelle série que je développe émerge de ce sentiment. Tantôt, c’est la capacité du verre à suggérer l’apesanteur qui me fascine, tantôt c’est sa façon vibrante de transmettre la couleur, tantôt encore, c’est son incroyable facilité à figer le mouvement.
Lorsque je suis sur le filon d’une nouvelle série, mon processus suit le même parcours. Je m’engage d’abord dans une recherche intensive. J’essaie de voir toutes les manières de reproduire ce qui a capté mon attention. Plus je fais de tests, plus il y en a à faire. C’est sans contredit la partie la plus électrisante de mon processus créatif. J’entre dans cette étape avec le désir de simplement expérimenter. Libérée du carcan de produire «une belle pièce», je suis complètement à l’écoute de ce qui veut émerger. Je deviens très sensible aux découvertes qui pourraient propulser encore plus loin l’idée initiale. Aucune censure. Je tiens à ce que le verre m’indique le chemin.
Après cette période de recherche s’ensuit une période d’épuration. Le choix final des couleurs, de la forme, des volumes, les découpes, le fini… tout doit concourir au propos de la pièce. Je sais ce qui me fascine et je vois à le mettre au premier plan. Tranquillement, la série devient plus achevée. Je sais qu’elle est à maturité lorsque je ne pourrais rien ôter ni rien ajouter de plus.
Certaines de mes œuvres sont dans des collections privées à l'international ainsi qu'au Musée national des beaux-arts du Québec et au Musée des beaux-arts de Montréal.